La SACEM veut encore plus de taxes

Alors qu'elle célèbre une grande victoire avec l'adoption de la loi HADOPI, la SACEM annonce dans un communiqué de presse quels seront ses combats de demain, en premier taxer, en deuxième taxer, etc pour que les artistes puissent toucher sans plus avoir à chanter.

Logo de la SACEMLa SACEM reprenant en premier les propos de Bernard Miyet, son Président du directoire, précise en effetd dans un communiqué de presse diffusé notamment sur son site que "il importera d'examiner les mesures nouvelles à proposer pour remédier aux difficultés éventuelles tout aussi bien que pour responsabiliser effectivement tous ceux qui profitent directement ou indirectement, de l'exploitation, de la circulation ou du transport des œuvres musicales" si la loi nouvelle n'avait pas les effets escomptés ; au rang des effets attendus on trouve bien entendu le désir de pallier à la longue agonie du secteur de la musique en France.

Ce passage peut bien entendu sembler anodin si l'on ne se remémore pas que la SACEM récupère au profit des auteurs, dans le secteur de l'informatique en général, d'ores et déjà les redevances de ceux qui proposent le téléchargement de fichiers musicaux légaux (la fameuse "offre légale" que vont promouvoir à brève échéances les spams en provenance du petit bébé HADOPI, la vente en ligne de disques (acquis auprès de la boutique en ligne classique de la FNAC par exemple), de la musique en écoute gratuite (les radios en ligne), on en passe, et qu'elle perçoit une taxe sur chaque vente de support de données (CD & DVD vierges, disques durs, cartes mémoires, etc) ; il s'agit de la fameuse taxe dite "de copie privée" qui revient donc à ce que lorsque vous achetez une SD Card 2 Go pour votre appareil photo numérique et que vous transfériez les photos de votre petit dernier à vos parents sur une "galette" quelconque vous ayiez de la sorte déjà réglé deux fois cette taxe ( pour prendre des photos et pour les donner), Johnny Halliday est donc rémunéré à chaque clic sur le déclencheur de votre appareil photo, il vous en remercie et vous confirme son départ à la retraite.
Inutile de vous rappeler que si en plus vous avez acheté son dernier disque vous avez ainsi contribué pas moins de 3 fois à son niveau de vie, sa petite entreprise ne connaîtra pas la crise, c'est clair.

Bien entendu pour que Johnny puisse partir à la retraite tranquille à l'issu de son Tour 66 et surtout en étant royalement payé sans même plus avoir à chanter ni vendre de disques il faut augmenter ses revenus et donc vous mettre à contribution comme vous le constatez il ne reste toutefois pas grand chose à se mettre sous la dent dans l'optique du communiqué pré-cité, du moins pas grand chose à taxer si ce n'est bien entendu de nouveaux supports pour la taxe à la copie privée (nous pensons nous personnellement à une possible taxe sur les déodorants, les scooters et les panneaux solaires), d'augmenter la taxe qui est déjà énorme (1 euro par DVD de photos du petit dernier donné à vos parents) ou taxer "ceux qui profitent directement ou indirectement, de l'exploitation, de la circulation ou du transport des œuvres musicales" et donc là sa vise semble-t-il expressément les Fournisseurs d'Accès à Internet que l'on pourrait considérer comme profitant indirectement du système puisque quand vous achetez un album sur iTunes il faut bien que vous ayez une connexion à internet sinon ça ne marche pas. Donc là encore il est tout à fait logique dans certains esprits éclairés que votre Fournisseur d'accès paye également.
Et donc vous indirectement bien entendu puisque le montant de la taxe se retrouvera sur votre facture mensuelle d'abonnement, y compris si votre accès est suspendu par HADOPI.

Ce qui vous fera, par exemple, cher internaute rétribuer l'idole (déjeune au Fouquet's) de manière directe ou indirecte (selon la formule consacrée) :
- quand vous écouterez son titre sur Wormee ;
- quand après l'avoir écouté vous achèterez son album sur VirginMega ;
- quand vous achèterez une carte pour prendre des photographies ;
- quand vous donnerez un DVD de photographies à vos parents, ou pire quand vous leur ferez découvrir "la musique distribuée" par des artistes qui ne veulent pas s'affilier à la SACEM ;
- quand vous vous serez servi de votre ligne internet pour les besoins de l'étape deux.
Et imaginez si vous êtes sourd de naissance mais que vous utilisez un APN et internet ! Vous passez direct et quand même aux étapes 3, 4 et 5 sans jamais avoir entendu "Quoi ma gueule ?" et donc ne jamais lui avoir suggéré simplement de la fermer (avouez, vous l'avez fait aussi n'est-ce pas ?).

Si les Fournisseurs d'Accès à Internet sont bien entendu une cible toute désignée on peut également envisager de taxer les sites internet traitant de l'actualité de la musique y compris s'ils ne diffusent aucune œuvre, les sites régionaux annonçant dans un agenda la proximité du concert de telle ou telle vedette française, notre site qui vient d'utiliser sans régler aucun droit ni redevance le nom de Johnny Halliday (quand c'est barré ça compte pour moitié ?)

La SACEM, le pays où la vie est plus belle.

Source :Le communiqué [fr]

Dernière minute :L'ADAMI, autre organisme du même genre, tente également de nous émouvoir dans un communiqué publié sur son site, il comporte que "la diffusion légale d’une chanson rapporte 0,001 euro (ou 0,1 centime) à son interprète. Soit 100 euros si, couronnée de succès, elle est diffusée 100.000 fois ! En l’état internet ne rémunère pas la création, il lui fait à peine l’aumône !". C'est trop dur c'est vrai mais inutile de rappeler sans doute à Calimero qui a négocié les droits de la diffusion légale.

NB : Quoiqu'il revête un caractère informatif indéniable, cet article est à prendre sous le sens de ce qu'il est : un billet d'humeur. De mauvais humeur, bien entendu.
Notez que nous n'avons à la base aucune antipathie d'aucune sorte à l'encontre d'une juste rémunération des artistes, à condition qu'elle soit juste et la vente aussi.

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